Fanfic : Le Monde de Tsubara

Fanfic : Le Monde de Tsubara --> Volume 2 --> Episode 44 : Nazaguir
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17 Jan 2009 11:53 - Nazaguir

Le vaisseau traversait Solaris, un système où évoluait Nazaguir. Il était temps que ce voyage s'arrête car le générateur allait manquer d'énergie et les réacteurs cesseraient de fonctionner. D'ailleurs, ils étaient tous las.

Nazaguir fut enfin en vue. Olgen, plaqué contre le hublot, les yeux débordants de larmes, la barbe humide, fixait sa planète avec un bonheur mêlé d'appréhension. L'énigme du temps le séparait des siens et de sa vie d'avant mais Nazaguir n'avait pas changé, sa beauté éclatait sur le velours noir de l'espace, nimbée par les rayons de son soleil : une perle bleue piquetée de tâches noires et blanches.

L'explorer était en approche et s'identifia : l'autorisation de pénétrer l'espace aérien lui fut accordée et il apponta sur un portail désigné où une navette les réceptionna. Olgen entra les coordonnées de la cité dont il dépendait sur un cadran mural et le petit engin prit son envol. Nesie se sentait de plus en plus mal et pour ne pas perdre contenance, elle fixa le sol de la planète qui se rapprochait petit à petit ; la traversée vers l'atmosphère se fit sans problème puis la descente s'accéléra. Les détails du sol, caché par un banc de nuages cotonneux, apparurent plus précis. Olgen scrutait avidemment le paysage à la recherche de changements significatifs. Les nuages disparurent, une vaste plaine, bordée au loin par un massif montagneux, où s'alignaient des champs de couleurs différentes suivant les cultures et des moutonnements d'arbres d'un vert éclatant s'étalèrent sous leurs yeux, le tout baigné d'une vive lumière : il faisait jour. Pour la première fois, Nesie, Rimundo et Inochan découvraient la beauté, la luminosité d'une journée ensoleillée. Pour leurs compagnons, cette découverte n'était pas nouvelle, seuls changeaient les paysages rencontrés et les civilisations. Des groupements d'habitations jalonnaient une voie de circulation au sol sur laquelle évoluaient de nombreux véhicules. Une vaste cité apparut ; la navette se dirigea automatiquement vers une aire d'atterrissage et vint se garer aux pieds d'une passerelle d'accès à un bâtiment dans lequel ils durent justifier de leur identité. Olgen, bien qu'habillé d'une tenue correcte, leur parut suspect avec sa peau rougie, ses yeux hagards et fièvreux, sa barbe mail taillée et son air décharné. Il posa sa main sur l'écran digital, la machine émit un bip de satisfaction et débita son ciriculaem vitae, sa photo guère ressemblante avec l'Olgen actuel et l'histoire de sa vie.

- Vous êtes enfin de retour professeur, commenta le fonctionnaire.

Olgen se contenta de hocher la tête mais ce "enfin" le laissa perplexe. La main de nos héros n'apprit rien aux autorités locales, Hassam tendit au fonctionnaire une carte magnétique que la machine avala et en restitua le contenu sur l'écran ; là aussi, photos des membres de la mission, leur provenance respective et le but fictif de leur mission : recherches d'énergies nouvelles, défilèrent sous les yeux du fonctionnaire qui leur souhaita la bienvenue.

Olgen les entraîna vivement vers le hall où une grosse pendule indiquait dix heures et se dirigea vers une boutique où, sur des présentoirs, s'étalaient nombre de spécimens de papiers couverts d'inscription et d'images. Il se précipita sur l'un d'eux et le dévora des yeux. Un vendeur, un homme de petite taille, sortit de sa boutique avec visiblement l'intention d'apostropher Olgen mais la vue de Darius et Chibi lui cloua le bec. Cinq ans ! cinq longs cycles s'étaient écoulés depuis son départ de Nazaguir. Apparemment, peu de choses avaient changé sur la planète, sauf lui.

- Alors ? interrogea Shanga.

- Cinq cycles, répéta-t-il, cinq cycles ! Pour moi, le temps écoulé en comptant mes différents voyages et mon emprisonnement sur Tristania s'évaluent à un cycle et quelques jours.

Il rejetta le journal sous l'oeil furibond du vendeur.

- Que vas-tu faire ? s'enquit Shanga.

- Rentrer chez moi en premier lieu et essayez ensuite de profiter des derniers jours qu'il me reste à vivre. Je vous remercie sincèrement de tout ce que vous avez fait pour moi. Sans vous, je serais mort là-bas loin des miens.

- Nous aussi avons une dette envers toi, répliqua le Softy, nous n'aurions jamais pu délivré Darius du bunker sans ton aide et ta connaissance des lieux, aussi allons-nous t'accompagner jusqu'au bout.

Olgen eut un sourire de reconnaissance et entraîna de nouveau le petit groupe à l'extérieur du bâtiment vers une station routière. Darius et Chibi ne passaient pas inarperçus et soulevaient la curiosité : la couleur de leur peau et leur taille élevée donnaient lieu à des commentaires cocasses ou déplacés. Les Gadeshines étaient peu nombreux dans l'univers et se mélangeaient rarement aux autres populations.