Fanfic : Le Monde de Tsubara

Fanfic : Le Monde de Tsubara --> Volume 2 --> Episode 35 : la fuite
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09 Oct 2008 11:34 - la fuite

Ils quittèrent la zone 3 et son personnel toujours statufié et jugèrent plus prudent d'emprunter les escaliers de secours, les ascenceurs étant munis de caméras, ce qui n'alla pas sans difficulté, Hassam et Darius étant encore faibles. Le silence régnait et leurs pas résonnaient étrangement dans ce boyau étroit. Les zones et les niveaux défilaient lentement et aucune parole ne fut échangée au cours de cette ascension.

Ils retrouvèrent le couloir vert fléché, désert et plongé dans une certaine pénombre, le léger parfum qui les avait accompagnés à l'aller ne caressait plus leurs narines et les bruits de fond avaient également disparu.

- C'est la période de repos qui, chez moi, correspond à la nuit où toutes les activités non indispensables cessent, les avertit Olgen.

L'esplanade était vide, quelques veilleuses l'éclairaient parcimonieusement. Les laboratoires n'étaient plus que façades sombres, sans vie. Ils longèrent les bâtiments endormis, laissant sur leur gauche les sas de décontamination pour suivre de nouveau le couloir vert fléché mais l'abandonnèrent rapidement pour emprunter un escalier qui menait à la passerelle. Avant de monter sur la première marche, Shanga dégagea de sa ceinture la puce arrachée à un des gardes et déclara :

- Il convient que nous les abandonnions ici pour ne pas éveiller les soupçons en nous baladant avec jusqu'aux quais de chargement. Cela pourrait paraître suspect.

- D'autant, ajouta Olgen, que l'identification du personnel de l'usine est différente de celles-ci !

Shanga récupéra les puces, reprit le couloir vert et chercha un endroit adéquat pour les y abandonner. Il n'osait ouvrir une des portes qui s'alignaient de part et d'autre de peur de déclencher une alarme. Par chance, un peu plus loin, un regard vitré, lui offrit l'occasion de se débarrasser de ces gênants souvenirs. Lestement, il se baissa pour ne pas apparaître en ombre chinoise, leva le bras, déposa les puces sur l'étroit rebord et revint sur ses pas pendant qu'Athena dévoilait aux prisonniers le moyen employé pour s'accaparer ces puces. Le procédé utilisé par le Softy n'étonna guère Zelda, cet homme était capable de tout quant à Rimundo il demeurait sur la défensive, pour lui, c'était Le rival. La passerelle entièrement couverte était vitrée sur les côtés. Olgen jeta un oeil sur le poste de garde toujours vide.

- Ils n'ont pas l'air d'avoir bougé, nota le mineur.

- Ils en ont encore pour un moment, conclua Athena, par contre ceux de la zone 3 doivent sortir de leur inertie et la pagaille qui règne vont les occuper un bout de temps.

Une porte blindée leur coupait l'accès à l'usine. Comme à chaque fois, Shanga se tourna vers Inochan qui, modem en mains, manipula les touches et commanda l'ouverture de la porte. Malgrè sa faiblese, Hassam, intrigué tout comme Nesie s'enquit :

- Où as-tu trouvé les codes d'ouverture ?

Bouche close, la spam-éclaireuse lui lança un regard plein d'amertume : elle n'avait peut-être pas de super pouvoirs mais, sans elle, ces fameux champions n'auraient eu aucune chance de succès.

- C'est une petite cachotière, ironisa Shanga, elle ne nous dévoilera pas son secret.

"Toi, tu ne perds rien pour attendre !" songea Inochan piquée au vif. Ils franchirent la porte blindée qui se referma automatiquement ; la plate-forme où ils se trouvaient surplombait une forêt de vannes et de tuyaux énormes, quelques jets de vapeur s'échappaient de cet entrelacs ; la température était plus basse et les surprit, une symphonie de sons avait envahi leurs oreilles dominée comme par un battement de coeur puissant et rythmé, celui de la planète. Dans ce vacarme, Olgen dut hausser le ton :

- Il faut traverser l'usine et rester aussi loin du réacteur que possible, tout en évitant les mauvaises rencontres. En poursuivant toujours sur la gauche nous devrions arriver sur les quais.

Une quinte de toux le saisit et le plia en deux. Athena lui prodigua ses soins et le mineur, reprenant une respiration normale lui baisa les mains, reconnaissant.

- En route ! lança Shanga avec impatience.

Il n'était pas facile de se frayer un chemin dans cet échaffaudage métallique où des canalisations énormes se croisaient, où la température jouait au yo-yo, où des cuves gigantesques protégées comme des trésors inestimables et inaccessibles les condamnaient à ramper comme des vers de terre afin de s'éloigner du coeur palpitant de l'usine. Le sol était parfois glissant à cause de la vapeur d'eau qui, en retombant, se déposait partout. Rimundo glissa malencontreusement sur une petite passerelle, faillit passer sous la rembarde de sécurité et attérir dans un bassin d'eau glougloutante.

- De l'acide, précisa Olgen.

Rimundo, la cheville douloureuse, grimaça puis frissonna d'horreur rétrospective. Athena, encore une fois, devenue bien malgrè elle médecin de l'équipe, massa avec tendresse la cheville blessée.

- Pouvons-nous repartir, s'exaspéra Shanga.

- Darius n'en peut plus, se plaignit Chibi.

Le Gadeshine se traînait avec difficulté, porté plus que soutenu par sa femme.

- Il faudrait qu'il mange, assura Zelda, et nous aussi et je ne parle pas de ma soif !

Elle soupira soudain prise de découragement.

- C'est bientôt fini ces geignardises, maugréa le Softy, nous ne sommes pas au bout de nos peines. Avançons !

- Tu as beau jeu de houspiller nos pauvres compagnons s'indigna Inochan, ce n'est pas toi qui a subi les mauvais traitements, la privation de nourritur et de liberté ! Ils sont épuisés et malades.

Les yeux de Shanga lançèrent des éclairs.

- Je n'ai pas de leçon à recevoir de toi, quant à vous autres, souvenez-vous que nous sommes les représentants de "l'Ordre des Douze" et non pas des mauviettes.

- Shanga a raison, soupira encore Zelda, cette planète exerce une influence néfaste sur nos comportements.

- Ce sont les rayons, expliqua Olgen, vous ne sortirez pas indemnes de cette aventure. Ici, on devient des loques, physiquement puis mentalement, littéralement des zombies.